Bon anniversaire Mystère Massoud.(Part02)
MASSOUD L’ISLAMISTE

Décrit par le Sénat, http://www.senat.fr/rap/r04-339/r04-33917.html comme un islamiste modéré. On peut pourtant difficilement considérer Massoud comme un modéré. « Le Monde » rapporte que «dans son fief de la vallée du Panshir, les femmes portent la burqa. La femme de Massoud, mère de leurs cinq enfants, respecte le purdah (réclusion) et vit dans le village d'origine de Massoud.» Je me marre, ça ne veut rien dire « islamiste modéré », dit on « un démocrate modéré », « un nazi modéré » ?
Durant ses études à Kaboul, il adhère au mouvement étudiant islamiste fondamentaliste, alors dirigé par un jeune professeur en théologie, Burhanuddin Rabbani. Président depuis 1973, Daoud, combat ces fondamentalistes. Certains sont emprisonnés, d'autres parmi lesquels
Gulbuddin Hekmatyar, Burhanuddin Rabbani et Ahmad Shah Massoud fuient au Pakistan, où ils reçoivent l'aide du Premier ministre Ali Bhutto. Ces opposants afghans étaient en effet un bon moyen pour le Pakistan de fomenter des troubles contre Daoud. Ces fondamentalistes vont chercher leur inspiration auprès des Frères Musulmans, une confrérie fondée en Egypte en 1928 dans le but de susciter une révolution islamique et d'instaurer un Etat islamique. Leur islamisme se caractérise par des conceptions fort éloignées de la démocratie. «L'histoire des Frères musulmans est traversée et fascinée par l'idéologie fasciste», écrit Muhammad Saïd al-Ashmawy.( Cité dans Richard Labévière, Les dollars de la terreur, Ed. Grasset, 1999, p. 130). Leur modèle politique se fonde sur une figure charismatique. L'obsession de ces fondamentalistes et donc de Massoud: «Le caractère et la pureté du dirigeant, ses vertus et ses compétences, et le fait de savoir si sa personnalité égale celle du prophète Mahomet. Ce modèle est inévitablement favorable à la dictature.» (Ahmed Rashid, Taliban, Ed. Atlas, 2000, pp 128-129).
Le principal objectif des « Frères Musulmans » est l'instauration de régimes religieux au sein des pays d’obédiences musulmanes. L'association prône la création de républiques islamiques en Égypte, en Libye, en Syrie, ou encore en Tunisie en combattant violemment les gouvernements en place. Les Frères musulmans s'opposent ainsi aux tendances laïques et séculières des nations arabo-musulmanes et préconisent un retour aux préceptes du Coran, impliquant autant un rejet des influences occidentales que des influences soufies. Le mot d’ordre de l’organisation est : « Allah est notre objectif. Le prophète est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad, guerre juste, appelé improprement guerre sainte est notre voie. Mourir dans les voies d’Allah est notre plus grand espoir ». Il existe depuis 1944 une branche féminine : les soeurs musulmanes dont la mission est de lutter contre l'émancipation féminine de type occidental.
Daoud est finalement renversé par un coup d'Etat du parti communiste afghan. Lorsqu’en 1979, le gouvernement afghan fait appel aux troupes soviétiques, le Pakistan a déjà sous la main des dirigeants islamiques radicaux, capables de diriger la djihad, la guerre sainte contre le communisme et l'athéisme. Massoud rejoint le Panshir où il se débarrasse des groupes maoïstes rivaux, avant de devenir la figure la plus connue des Moudjahidin en Occident.
Rabbani devient le chef du parti Jamiat Islami, dont Massoud, parent de Rabbani par alliance, sera un des dirigeants. Gulbuddin Hekmatyar prend la tête du Hezbi Islami. Notons en passant que Ben Laden rejoint le Hezbi Islami au début des années 80, fasciné par le charisme d'Hekmatyar. Les partis peuvent compter sur un soutien financier et militaire croissant des Etats- Unis. L'anticommunisme des éléments les plus fondamentalistes en font les meilleurs alliés des Etats-Unis. En 85, l'aide annuelle de la CIA s'élève à 285 millions de dollars, montant doublé par l'Arabie saoudite. Ajoutons qu'à cette époque, le Shah d'Iran vient d'être renversé et remplacé par gouvernement des Ayatollahs, d'obédience musulmane chiite. Les Etats-Unis ont d'autant plus de raison de soutenir la connexion sunnite qui va de l'Arabie saoudite à l'Afghanistan, se livrant à une surenchère islamiste pour contrer l'influence iranienne. Voilà qui nous emmène en 1989, fin de l’occupation soviétique. La paix n’en est pas pour autant là, et le retrait soviétique n'a pas provoqué la chute du pouvoir communiste local (président Najibullah) qui reste en place à Kaboul . Les partis de la résistance ("les djihadi") reprennent donc contre lui , mais avec des moyens bien plus grands qu'en 1979, la lutte amorcée avant l'arrivée des soviétiques. La chute des communistes en avril 1992 (prise Mazar e-Charif (mars) puis Kaboul (avril) par les forces du Jamiat e-Islami), met fin à l'accord de ses factions islamistes. Elles s'opposent rapidement les unes aux autres. Pendant deux ans, aucune ne semble être en position de l'emporter.
MASSOUD L’ISLAMISTE

Décrit par le Sénat, http://www.senat.fr/rap/r04-339/r04-33917.html comme un islamiste modéré. On peut pourtant difficilement considérer Massoud comme un modéré. « Le Monde » rapporte que «dans son fief de la vallée du Panshir, les femmes portent la burqa. La femme de Massoud, mère de leurs cinq enfants, respecte le purdah (réclusion) et vit dans le village d'origine de Massoud.» Je me marre, ça ne veut rien dire « islamiste modéré », dit on « un démocrate modéré », « un nazi modéré » ?
Durant ses études à Kaboul, il adhère au mouvement étudiant islamiste fondamentaliste, alors dirigé par un jeune professeur en théologie, Burhanuddin Rabbani. Président depuis 1973, Daoud, combat ces fondamentalistes. Certains sont emprisonnés, d'autres parmi lesquels
Gulbuddin Hekmatyar, Burhanuddin Rabbani et Ahmad Shah Massoud fuient au Pakistan, où ils reçoivent l'aide du Premier ministre Ali Bhutto. Ces opposants afghans étaient en effet un bon moyen pour le Pakistan de fomenter des troubles contre Daoud. Ces fondamentalistes vont chercher leur inspiration auprès des Frères Musulmans, une confrérie fondée en Egypte en 1928 dans le but de susciter une révolution islamique et d'instaurer un Etat islamique. Leur islamisme se caractérise par des conceptions fort éloignées de la démocratie. «L'histoire des Frères musulmans est traversée et fascinée par l'idéologie fasciste», écrit Muhammad Saïd al-Ashmawy.( Cité dans Richard Labévière, Les dollars de la terreur, Ed. Grasset, 1999, p. 130). Leur modèle politique se fonde sur une figure charismatique. L'obsession de ces fondamentalistes et donc de Massoud: «Le caractère et la pureté du dirigeant, ses vertus et ses compétences, et le fait de savoir si sa personnalité égale celle du prophète Mahomet. Ce modèle est inévitablement favorable à la dictature.» (Ahmed Rashid, Taliban, Ed. Atlas, 2000, pp 128-129).Le principal objectif des « Frères Musulmans » est l'instauration de régimes religieux au sein des pays d’obédiences musulmanes. L'association prône la création de républiques islamiques en Égypte, en Libye, en Syrie, ou encore en Tunisie en combattant violemment les gouvernements en place. Les Frères musulmans s'opposent ainsi aux tendances laïques et séculières des nations arabo-musulmanes et préconisent un retour aux préceptes du Coran, impliquant autant un rejet des influences occidentales que des influences soufies. Le mot d’ordre de l’organisation est : « Allah est notre objectif. Le prophète est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad, guerre juste, appelé improprement guerre sainte est notre voie. Mourir dans les voies d’Allah est notre plus grand espoir ». Il existe depuis 1944 une branche féminine : les soeurs musulmanes dont la mission est de lutter contre l'émancipation féminine de type occidental.
Daoud est finalement renversé par un coup d'Etat du parti communiste afghan. Lorsqu’en 1979, le gouvernement afghan fait appel aux troupes soviétiques, le Pakistan a déjà sous la main des dirigeants islamiques radicaux, capables de diriger la djihad, la guerre sainte contre le communisme et l'athéisme. Massoud rejoint le Panshir où il se débarrasse des groupes maoïstes rivaux, avant de devenir la figure la plus connue des Moudjahidin en Occident.
Rabbani devient le chef du parti Jamiat Islami, dont Massoud, parent de Rabbani par alliance, sera un des dirigeants. Gulbuddin Hekmatyar prend la tête du Hezbi Islami. Notons en passant que Ben Laden rejoint le Hezbi Islami au début des années 80, fasciné par le charisme d'Hekmatyar. Les partis peuvent compter sur un soutien financier et militaire croissant des Etats- Unis. L'anticommunisme des éléments les plus fondamentalistes en font les meilleurs alliés des Etats-Unis. En 85, l'aide annuelle de la CIA s'élève à 285 millions de dollars, montant doublé par l'Arabie saoudite. Ajoutons qu'à cette époque, le Shah d'Iran vient d'être renversé et remplacé par gouvernement des Ayatollahs, d'obédience musulmane chiite. Les Etats-Unis ont d'autant plus de raison de soutenir la connexion sunnite qui va de l'Arabie saoudite à l'Afghanistan, se livrant à une surenchère islamiste pour contrer l'influence iranienne. Voilà qui nous emmène en 1989, fin de l’occupation soviétique. La paix n’en est pas pour autant là, et le retrait soviétique n'a pas provoqué la chute du pouvoir communiste local (président Najibullah) qui reste en place à Kaboul . Les partis de la résistance ("les djihadi") reprennent donc contre lui , mais avec des moyens bien plus grands qu'en 1979, la lutte amorcée avant l'arrivée des soviétiques. La chute des communistes en avril 1992 (prise Mazar e-Charif (mars) puis Kaboul (avril) par les forces du Jamiat e-Islami), met fin à l'accord de ses factions islamistes. Elles s'opposent rapidement les unes aux autres. Pendant deux ans, aucune ne semble être en position de l'emporter.

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