Le discret décret de la discorde ou le hobby des déballeurs versus le lobby des brocanteurs.
C’est un classique du genre, pendant que 25 millions d’imbéciles roupillent tranquille sous le soleil du mois d’août, les gouvernances en profitent pour nous enfiler une petite loi. Celle concernant les vide greniers en fait partie puisqu’elle est du 2 août 2005.
Petite piqûre de rappel, en souvenir des aoûtats: «que les particuliers ne pourront participer à plus de deux ventes au déballage par an et prévoit que les particuliers ne pourront vendre que si leur domicile principal ou leur résidence secondaire se situe dans la commune…». Levée de bouclier et reculade gouvernementale puisque le ministre du Commerce Renaud Dutreil a annoncé le 17.04.06 que la loi encadrant la participation aux vide greniers et aux brocantes pourra faire l'objet de dérogations préfectorales pour permettre à des particuliers de participer à des ventes organisées hors de leur zone de résidence.
Toutes fois la mesure reste la même en ce qui concerne l’alinéa sur les ventes au déballage « sont limitées à des gens qui vendent des objets usagés ou des objets personnels et qui vont le faire deux fois par an au plus ». A la base, la loi visait à protéger les brocanteurs professionnels de la concurrence des faux particuliers qui gagnent leur vie en multipliant les brocantes. Mais elle avait mécontenté amateurs et organisateurs par ces limitations jugées trop sévères. Le brocanteur antiquaire étant, comme chacun sait, un homme intègre par nature. Invitez-le chez vous à boire un coup, il ne tardera pas à vous demander si vous ne seriez pas intéressé à vendre les quelques objets qui traînent sur la commode. Et pourquoi pas la commode elle-même ? Par essence, le brocanteur ne voit dans l’objet que l’argent qui y sommeille, ou plus précisément le peu qui y sommeille pour vous et l’éventuel plus pour lui. Il a l’innocence du toxico en manque : regard tournant, investigation discrète, calcul automatique.
C’est lui qui, alors que l’aube se dessine à peine, se rue la lampe en main sur les voitures encore remplies de ce que ces consommateurs traîtres viennent déballer. Il fouille les cartons, renverse les caisses, tel un insecte coprophage. Il prétend qu’il veut débarrasser, ici la personne âgée crédule, là le petit marchand d’un jour. Il se montre généreux pour quelques instants, avant de remettre en vente ce même objet après en avoir multiplié le prix. Sa présence a généralement un effet purificateur sur un vide grenier. Il excite la concurrence et définit une nouvelle échelle de valeurs tirée vers le haut. Son stand est sain comme son «coeur de cible» qui est souvent une clientèle aisée, et l’ambiance du marché s’en trouve souvent dénaturée. De fait, il est fréquent d’entendre dans les vide greniers des propos envisageant d’en exclure les marchands professionnels.
Pression des brocanteurs antiquaires ou nouvelle mesure de contrôle de l’État (parmi tant d’autres) sur la population ? En tout cas, ces lois limitant les vide greniers devraient au moins avoir deux conséquences immédiates. Pour les déballeurs du dimanche, supprimer les quelques gains qui s’ajoutaient jusque-là aux maigres aides sociales et les inciter enfin à accepter n’importe quel boulot sans marchander. Pour les places des villes et des villages, le dimanche, leur rendre leur droit : celui d’être des déserts.
C’est un classique du genre, pendant que 25 millions d’imbéciles roupillent tranquille sous le soleil du mois d’août, les gouvernances en profitent pour nous enfiler une petite loi. Celle concernant les vide greniers en fait partie puisqu’elle est du 2 août 2005.Petite piqûre de rappel, en souvenir des aoûtats: «que les particuliers ne pourront participer à plus de deux ventes au déballage par an et prévoit que les particuliers ne pourront vendre que si leur domicile principal ou leur résidence secondaire se situe dans la commune…». Levée de bouclier et reculade gouvernementale puisque le ministre du Commerce Renaud Dutreil a annoncé le 17.04.06 que la loi encadrant la participation aux vide greniers et aux brocantes pourra faire l'objet de dérogations préfectorales pour permettre à des particuliers de participer à des ventes organisées hors de leur zone de résidence.
Toutes fois la mesure reste la même en ce qui concerne l’alinéa sur les ventes au déballage « sont limitées à des gens qui vendent des objets usagés ou des objets personnels et qui vont le faire deux fois par an au plus ». A la base, la loi visait à protéger les brocanteurs professionnels de la concurrence des faux particuliers qui gagnent leur vie en multipliant les brocantes. Mais elle avait mécontenté amateurs et organisateurs par ces limitations jugées trop sévères. Le brocanteur antiquaire étant, comme chacun sait, un homme intègre par nature. Invitez-le chez vous à boire un coup, il ne tardera pas à vous demander si vous ne seriez pas intéressé à vendre les quelques objets qui traînent sur la commode. Et pourquoi pas la commode elle-même ? Par essence, le brocanteur ne voit dans l’objet que l’argent qui y sommeille, ou plus précisément le peu qui y sommeille pour vous et l’éventuel plus pour lui. Il a l’innocence du toxico en manque : regard tournant, investigation discrète, calcul automatique.
C’est lui qui, alors que l’aube se dessine à peine, se rue la lampe en main sur les voitures encore remplies de ce que ces consommateurs traîtres viennent déballer. Il fouille les cartons, renverse les caisses, tel un insecte coprophage. Il prétend qu’il veut débarrasser, ici la personne âgée crédule, là le petit marchand d’un jour. Il se montre généreux pour quelques instants, avant de remettre en vente ce même objet après en avoir multiplié le prix. Sa présence a généralement un effet purificateur sur un vide grenier. Il excite la concurrence et définit une nouvelle échelle de valeurs tirée vers le haut. Son stand est sain comme son «coeur de cible» qui est souvent une clientèle aisée, et l’ambiance du marché s’en trouve souvent dénaturée. De fait, il est fréquent d’entendre dans les vide greniers des propos envisageant d’en exclure les marchands professionnels.
Pression des brocanteurs antiquaires ou nouvelle mesure de contrôle de l’État (parmi tant d’autres) sur la population ? En tout cas, ces lois limitant les vide greniers devraient au moins avoir deux conséquences immédiates. Pour les déballeurs du dimanche, supprimer les quelques gains qui s’ajoutaient jusque-là aux maigres aides sociales et les inciter enfin à accepter n’importe quel boulot sans marchander. Pour les places des villes et des villages, le dimanche, leur rendre leur droit : celui d’être des déserts.

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